Les cas de violences familiales en hausse: 1 794 procédures examinées au premier semestre 2026

Le Comité d'enquête d'Arménie a examiné 1 794 procédures pénales liées à des violences familiales au cours du premier semestre 2026, contre 1 482 à la même période en 2025. Durant cette période, 204 procédures pénales impliquant 213 personnes ont été transmises aux tribunaux avec un acte d'accusation, a annoncé le Comité d'enquête.
Selon le communiqué au cours du premier semestre 2026, le Comité d'enquête a traité 1 794 procédures pénales relatives à des violences familiales (contre 1 482 au premier semestre 2025). Parmi elles, 712 avaient été reportées de 2025, tandis que 1 082 ont été ouvertes en 2026. 204 procédures pénales concernant 213 personnes ont été transmises aux tribunaux avec un acte d'accusation (contre 157 procédures concernant 165 personnes en 2025). Par ailleurs, 6 procédures visant l'application de mesures médicales coercitives ont été transmises aux tribunaux par acte final (contre 5 en 2025). 345 procédures ont été classées (contre 390 en 2025), dont 323 pour des motifs réhabilitants (contre 356) et 22 pour des motifs non réhabilitants (contre 34). 205 procédures ont été jointes à d'autres dossiers (contre 134), 26 ont été transférées à d'autres autorités compétentes (contre 30), 54 ont été enregistrées comme ayant fait l'objet de toutes les mesures procédurales et de collecte de preuves nécessaires (contre 38), tandis que 954 procédures ont été reportées sur l'année 2026 (contre 728 en 2025).

En réalité, les autorités arméniennes, la police et plusieurs ONG mettent en garde contre une interprétation trop rapide de ces chiffres. Elles expliquent que cette hausse ne signifie pas forcément qu'il y a davantage de violences, mais surtout que davantage de cas sont désormais signalés et enregistrés.
Une hausse des signalements, plus qu'une explosion des violences
C'est l'explication la plus souvent citée.
Le chef du département du soutien méthodologique de la police arménienne, Georgy Khachatryan, rappelle que les violences familiales sont un “crime caché”. Selon lui, “l'augmentation des cas détectés ne signifie pas nécessairement qu'il y a davantage de violences. Elle montre surtout que ces crimes arrivent désormais dans le champ des autorités.”
Autrement dit, de nombreuses victimes qui gardaient auparavant le silence osent désormais porter plainte.
Une confiance accrue envers la police et les institutions
La police affirme que les victimes sont aujourd'hui plus nombreuses à signaler les violences parce qu'elles ont davantage confiance dans le fait que, leur plainte sera prise au sérieux, elles seront protégées et des mesures concrètes seront prises contre l'auteur des violences.
Les ONG observent le même phénomène
Les associations de terrain confirment cette évolution.
Nare Hayrapetyan, directrice du Centre de ressources pour l'autonomisation des femmes du Kotayk, explique que même des personnes qui refusaient catégoriquement de contacter la police auparavant le font désormais.
Selon elle, “la confiance envers l'État et les institutions chargées de protéger les victimes s'est renforcée.”
De son côté, Anahit Abgaryan, responsable de l'ONG Talin-Huys, indique que son organisation encourageait depuis des années les victimes à porter plainte, mais que beaucoup refusaient par peur ou par manque de confiance. Aujourd'hui, cette situation évolue progressivement.
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De nouveaux outils de protection facilitent les signalements
Depuis 2025, la police arménienne travaille avec le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) autour de l'application SAFE YOU. Cette application permet d'alerter rapidement les autorités, qui peuvent mobiliser simultanément la police et les autres services concernés afin d'assurer une protection plus rapide des victimes. Les autorités estiment que cet outil contribue également à la hausse des signalements.
Les mesures de protection sont davantage utilisées
Les statistiques de la police montrent également une augmentation des mesures prises contre les auteurs présumés. 961 ordonnances d'intervention d'urgence au premier semestre 2026 ont été signées, contre 833 un an plus tôt et 1 155 auteurs enregistrés par la police, contre 1 011 en 2025.
Si les chiffres sont en nette hausse, les autorités comme les associations spécialisées estiment qu'ils ne traduisent pas nécessairement une augmentation des violences familiales elles-mêmes. Ils reflètent aussi une meilleure détection des faits, une confiance accrue des victimes envers les institutions et l'amélioration des dispositifs de protection et de signalement.
Ani Paitjan









