Dans le cadre du dialogue sur la libéralisation des visas avec l’Union européenne, l’Arménie lance une réforme de sa gestion intégrée des frontières. La formation des gardes-frontières a notamment été transférée du Service de sécurité nationale (NSS) vers le complexe éducatif du ministère de l’Intérieur, avec l’objectif d’instaurer une approche commune à l’ensemble des services chargés des questions migratoires et sécuritaires.
La ministre de l’Intérieur et négociatrice en chef de l’Arménie avec l’Union européenne sur la libéralisation des visas, Arpine Sargsyan, considère la gestion intégrée des frontières comme l’un des volets « les plus complexes, les plus longs et les plus exigeants » du processus. De nombreuses administrations étant impliquées, elle estime indispensable de mieux coordonner leurs efforts.
L’Arménie est actuellement le seul pays engagé dans un dialogue actif avec l’Union européenne sur la libéralisation des visas. Le processus a été lancé avec Erevan en septembre 2024. Pour permettre à terme aux citoyens arméniens de voyager sans visa dans les pays de l’UE, le pays doit remplir les 74 critères (« benchmarks ») prévus par le Plan d’action pour la libéralisation des visas.
La mise en place d’une gestion intégrée et efficace des frontières figure parmi les principales exigences du document.
« Les partenaires européens doivent eux aussi avoir la certitude que les frontières de la République d’Arménie sont gérées efficacement et que l’Arménie sait qui entre sur son territoire et qui en sort », explique Arpine Sargsyan dans un entretien accordé à CivilNet.
La ministre souligne que le contrôle ne concerne pas uniquement les personnes : les marchandises traversant les frontières doivent elles aussi faire l’objet d’une surveillance efficace.
Une formation commune pour les services chargés des frontières et de la migration
Pour améliorer la coopération entre les différentes structures chargées de la sécurité et de la migration, l’Arménie veut progressivement mettre en place un modèle de formation commun.
Pour Arpine Sargsyan, la gestion des frontières ne peut pas être considérée comme une mission isolée : elle fait partie d’une chaîne migratoire beaucoup plus large. Les différents services doivent donc travailler selon une même logique et être capables de communiquer efficacement entre eux.
« Les policiers, les employés du Service de la migration et de la citoyenneté, ainsi que les membres des troupes frontalières du Service de sécurité nationale doivent parler le même langage », explique la ministre.
C’est notamment pour cette raison que la formation des gardes-frontières a été transférée du Service de sécurité nationale vers le complexe éducatif du ministère de l’Intérieur.
« En suivant une formation continue au sein d’un même complexe éducatif, je suis convaincue que le processus permettant de développer une culture professionnelle commune se déroulera beaucoup plus facilement », estime Arpine Sargsyan.
Une coopération avec Frontex sur la formation
La réforme ne se limite toutefois pas à un simple transfert institutionnel entre le Service de sécurité nationale et le ministère de l’Intérieur.
Selon la ministre, les modifications législatives nécessaires sont actuellement en cours. Parallèlement, les autorités arméniennes travaillent avec l’agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes Frontex sur certains aspects de la formation des personnels.
« L’objectif n’est pas simplement d’effectuer un transfert institutionnel du Service de sécurité nationale vers le ministère de l’Intérieur, mais d’améliorer qualitativement la formation afin de prendre en compte l’ensemble des défis auxquels sont aujourd’hui confrontés aussi bien le monde que la République d’Arménie », conclut Arpine Sargsyan.












