Les citoyens âgés de 63 à 72 ans ne sont pas vieux et disposent d’un potentiel économique que l’État doit encourager. C’est ce qu’a déclaré le Premier ministre arménien Nikol Pachinian, le 5 novembre, lors d’une réunion du gouvernement consacrée à un nouveau programme de soutien aux initiatives entrepreneuriales des personnes de cette tranche d’âge. Le gouvernement a approuvé ce dispositif, qui prévoit une aide financière pouvant atteindre 2 millions de drams pour créer ou développer une activité.
« À 63 ans, on n’est pas vieux. À 64 ans non plus, ni à 65 ans, ni à 70 ans, ni même à 72 ans », a affirmé Nikol Pachinian.
Selon le Premier ministre, les personnes de cette tranche d’âge possèdent des compétences professionnelles et une expérience de vie précieuses. Pourtant, le fait de les considérer systématiquement comme des « retraités » contribue souvent à réduire leur activité économique.
« Très souvent, en collant aux gens cette étiquette de retraité, nous contribuons en réalité à leur retrait de la vie économique », a déclaré Pachinian.
Le Premier ministre a également contesté les propos du vice-ministre de l’Économie, Aram Khatchatrian, qui avait présenté le programme comme étant destiné aux personnes ne possédant pas de compétences entrepreneuriales, mais souhaitant se lancer dans les affaires.
Selon Pachinian, la situation inverse peut également se produire : certaines personnes disposent des compétences nécessaires pour entreprendre, mais ont perdu l’envie de le faire à force d’être constamment renvoyées à leur statut de retraité. Pour lui, le rôle de l’État est précisément de raviver ou de renforcer cette motivation, tout en aidant les citoyens à développer leurs capacités.
« Notre mission est de soutenir et d’encourager nos compatriotes appartenant à cette tranche d’âge, afin qu’ils puissent s’entraîner et entrer dans la compétition », a expliqué le Premier ministre, comparant la préparation à l'entrepreneuriat, à travers des formations, à l’entraînement des sportifs.
Pachinian a également proposé que le programme permette la réalisation de projets entrepreneuriaux collectifs, estimant que les participants pourraient nouer des partenariats au cours des formations.
De son côté, le ministre du Travail et du Bien-être, Arsen Torossian, a indiqué que plus de 100 000 retraités en Arménie continuaient d’exercer une activité salariée.
« Nous avons plus de 100 000 retraités qui participent activement à la vie professionnelle, simplement en tant que salariés », a déclaré Torossian, soulignant leur contribution aux secteurs public et privé.
Selon le ministre, le gouvernement a déjà supprimé plusieurs restrictions liées à l’âge qui obligeaient auparavant certains citoyens à cesser leur activité professionnelle.
Torossian est également revenu sur les termes utilisés pour décrire l’activité des personnes âgées. Il a notamment évoqué l’expression « vieillissement actif », couramment employée à l’échelle internationale, tout en estimant que cette notion était elle-même devenue dépassée.
« Non seulement ils ne sont pas vieux, mais beaucoup de nos concitoyens de la génération plus âgée sont peut-être même plus dynamiques et actifs que de nombreux jeunes », a-t-il affirmé.
Le ministre a également insisté sur l’importance de préserver la santé des personnes âgées, soulignant que le travail et l’activité physique pouvaient y contribuer.
Une aide pouvant atteindre 2 millions de drams
Le programme approuvé par le gouvernement a été présenté par le vice-ministre de l’Économie, Aram Khatchatrian. Selon lui, il s’adresse aux citoyens âgés de 63 à 72 ans qui souhaitent se lancer dans l’entrepreneuriat ou développer une activité économique existante.
Au moins 400 personnes pourront bénéficier gratuitement de formations à l’entrepreneuriat et d’un accompagnement pour élaborer leur propre projet d’entreprise. Parmi les participants, 200 personnes au maximum pourront recevoir une aide financière de l’État pouvant atteindre 2 millions de drams.
Khatchatrian a précisé que cette aide ne constituait pas un prêt et qu’aucun remboursement ne serait exigé, à condition que les bénéficiaires respectent les règles du programme.
Les paiements seront effectués exclusivement par voie électronique, directement auprès des fournisseurs de biens ou de services. En revanche, toute utilisation des fonds à des fins non prévues ou toute violation des conditions du programme entraînera une obligation de remboursement.
Une priorité sera accordée aux habitants des zones frontalières, des régions de haute montagne et des localités rurales.
Le budget maximal consacré à cette aide financière s’élève à 400 millions de drams.
Le programme sera d’abord mis en œuvre à titre expérimental. Le gouvernement décidera de la suite à lui donner après en avoir évalué les résultats.
L’assurance maladie pour favoriser l’activité des seniors
À l’issue des discussions, Nikol Pachinian a également souligné que l’intégration des personnes de plus de 65 ans au système d’assurance maladie pourrait contribuer à renforcer leur participation à la vie économique.
Selon lui, le gouvernement examinera, lors des prochaines étapes, la possibilité d’étendre cette couverture aux citoyens âgés de 63 à 65 ans.
Le 18 juin dernier, le gouvernement avait déjà approuvé un autre programme destiné à favoriser l’emploi des personnes en situation de handicap et des citoyens de plus de 63 ans.
Ce dispositif prévoit une aide financière aux employeurs recrutant des personnes appartenant à ces catégories, sous la forme d’un remboursement partiel de l’impôt sur le revenu acquitté pour ces salariés.












