Le parti au pouvoir en Arménie reçoit des dons synchronisés de directeurs d’hôpitaux, révèle une enquête

Par Lia Avagyan
Traduit par Ani Paitjan
Une nouvelle enquête menée par le média arménien Infocom a révélé qu’au moins 23 directeurs d’hôpitaux et de centres médicaux ont fait des dons au parti au pouvoir, Contrat civil, sur une courte période en mars 2025, dans ce que les critiques décrivent comme un schéma coordonné de contributions de la part de responsables liés à l’État.
Selon le rapport publié mercredi, les directeurs ont transféré plus de 15 000 dollars au parti au pouvoir entre le 4 et le 11 mars. La plupart des dons étaient relativement modestes, allant de quelques dizaines de milliers à plusieurs centaines de milliers de drams, mais leur synchronisation a attiré l’attention, car nombre des donateurs dirigent des établissements médicaux relevant soit du ministère arménien de la Santé, soit des autorités régionales.
L’enquête a identifié des dons provenant de directeurs d’hôpitaux et de cliniques à Gyumri, Vanadzor, Hrazdan, Abovyan, Sevan et dans d’autres localités d’Arménie, avec des groupes de transferts effectués aux mêmes dates. Certains responsables auraient également effectué des dons répétés plus tard dans l’année.
Le ministère arménien de la Santé a nié toute coordination, déclarant à Infocom qu’il n’y avait « rien d’extraordinaire » dans ces dons et que ceux qui souhaitaient contribuer l’avaient fait de manière volontaire.
Ces conclusions s’inscrivent dans un examen plus large des pratiques de financement du parti Contrat civil ces dernières années.
De précédentes enquêtes de CivilNet et d’Infocom ont montré que le parti au pouvoir avait collecté environ 1,3 million de dollars lors de la campagne des élections municipales d’Erevan en 2023, avec de nombreux dons importants prétendument effectués au nom de citoyens ordinaires, lesquels ont ensuite affirmé ne pas être au courant des transferts. Le même rapport a également identifié des dons provenant de dirigeants d’entreprises, de responsables municipaux et de personnes liées à des sociétés bénéficiant de contrats publics.
Bien que les autorités arméniennes aient ouvert des enquêtes sur certaines de ces accusations antérieures, aucune poursuite majeure n’a été engagée. Les critiques et les organisations de surveillance estiment que la répétition de dons synchronisés de la part de responsables du secteur public soulève des inquiétudes quant à l’utilisation d’une influence administrative et à la frontière floue entre l’État arménien et le parti au pouvoir.
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