Élections en Arménie: Qu’est-ce qui est en jeu?

Le 7 juin, les citoyens arméniens se rendront aux urnes pour répondre à une question fondamentale : quelle Arménie souhaitent-ils voir au cours des cinq prochaines années ?
Les élections législatives de ce dimanche détermineront l’orientation du pays pour les années à venir. Il s’agit des premières élections parlementaires ordinaires organisées depuis la révolution de Velours de 2018.
Le Premier ministre Nikol Pachinian avait remporté une victoire écrasante avec 70 % des voix lors des élections anticipées de décembre 2018. Lors d’un nouveau scrutin anticipé en juin 2021, il avait conservé le pouvoir avec 54 % des suffrages, malgré la défaite de l’Arménie lors de la guerre du Haut-Karabakh en 2020. La participation électorale s’était élevée à 48,6 % en 2018 et à 49,4 % en 2021.
Cette année, les électeurs auront le choix entre 16 partis politiques et deux alliances électorales.
Selon les sondages, le parti Contrat civique de Nikol Pachinian demeure favori. Loin derrière figure l’Alliance Arménie forte, dirigée par le milliardaire Samvel Karapetian. Vient ensuite l’Alliance Arménie de l’ancien président Robert Kotcharian, dont la principale composante est la Fédération révolutionnaire arménienne (Dashnaktsoutioun).
Pachinian en tête, mais l’incertitude demeure
La campagne électorale, qui a duré un mois, s’est concentrée sur plusieurs thèmes majeurs : le processus de paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, la sécurité nationale, l’orientation géopolitique du pays entre la Russie et l’Occident, ainsi que les questions économiques telles que l’emploi et les programmes sociaux. Le sort des prisonniers et détenus arméniens en Azerbaïdjan a également été abordé, mais est resté un sujet secondaire par rapport aux débats sur la sécurité, la politique étrangère et l’économie.
Les bureaux de vote ouvriront à 8 heures et fermeront à 20 heures le jour du scrutin. L’Arménie n’autorise généralement pas le vote depuis l’étranger : seuls les citoyens présents physiquement sur le territoire pourront voter. La seule exception concerne les diplomates et les membres de leur famille en poste à l’étranger.
Le système électoral arménien peut sembler complexe, même pour des observateurs expérimentés. CivilNet a préparé un guide simplifié expliquant comment les sièges parlementaires sont attribués et comment le Parlement désigne ensuite le Premier ministre.
Une élection marquée par le débat géopolitique
L’un des principaux sujets de la campagne a été l’orientation de la politique étrangère de l’Arménie. Le pays doit-il poursuivre son rapprochement avec l’Europe ou maintenir son partenariat traditionnel avec la Russie et les structures dirigées par Moscou ? Nous avons examiné la position des principales forces politiques sur cette question.
Des accusations d’ingérence étrangère
La campagne a également été marquée par des accusations d’ingérence étrangère. Plusieurs médias ont fait état de possibles tentatives russes d’influencer le scrutin, notamment à travers des allégations de transport d’électeurs depuis la Russie vers l’Arménie. CivilNet a mené sa propre enquête sur ces accusations.
Dans les semaines précédant le vote, Moscou a ouvertement accru sa pression économique sur l’Arménie en restreignant l’accès de plusieurs produits arméniens au marché russe. De son côté, l’Union européenne a annoncé de nouvelles préférences commerciales destinées à aider les exportateurs arméniens à compenser l’impact de ces mesures russes.
La Russie a largement soutenu les candidats et partis favorables à Moscou, tandis que les gouvernements occidentaux ont été largement perçus comme favorables au Premier ministre Nikol Pachinian. La visite du vice-président américain JD Vance en Arménie en février et son soutien public à Pachinian, ainsi que le sommet de la Communauté politique européenne et le premier sommet Union européenne-Arménie organisés à Erevan en mai, ont été interprétés par de nombreux observateurs comme des signes de soutien occidental.
Fin mai, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a effectué une brève visite en Arménie pour signer plusieurs accords bilatéraux. Cette visite a été suivie d’une déclaration publique du président Donald Trump exprimant son soutien à « son ami Pachinian ».
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