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Pashinyan rejette le risque d’une “nouvelle Ukraine” et affirme vouloir développer les relations avec la Russie

Nikol Pashinyan. Capture d’écran de son entretien avec RFI.

Nikol Pashinyan. Capture d’écran de son entretien avec RFI.

Par Siranush Adamyan

Le Premier ministre arménien Nikol Pashinyan a rejeté les mises en garde selon lesquelles l’Arménie pourrait devenir une “deuxième Ukraine”, un scénario récemment évoqué par Dmitri Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité russe. Il a toutefois réaffirmé la volonté de son gouvernement de développer les relations avec Moscou.

Dans un entretien accordé au service arménien de RFI, publié lundi, Nikol Pashinyan a été interrogé sur les avertissements de responsables politiques russes selon lesquels l’Arménie risquerait de devenir une deuxième Ukraine.

“Je ne le pense pas”, a-t-il répondu. À la question de savoir s’il était convaincu qu’un tel scénario ne se produirait pas, il a ajouté : “Oui, je le crois et j’en suis convaincu.”

Bien que le journaliste n’ait pas explicitement cité Dmitri Medvedev, sa question faisait écho aux récentes déclarations de ce dernier concernant la réorientation de la politique étrangère arménienne.

“Les dirigeants arméniens actuels ont décidé qu’il était juste de changer l’orientation du développement de leur pays. Je suis certain que cela ne mènera à rien de bon. La pire chose qui pourrait arriver à l’Arménie serait de se transformer en une nouvelle Ukraine”, avait déclaré Dmitri Medvedev lors d’un entretien accordé à la télévision d’État iranienne, selon un article de RBC publié le 4 octobre. Il avait également partagé une vidéo de cet entretien sur la messagerie Max.

Dmitri Medvedev avait accusé l’Occident de chercher à mettre à l’épreuve la solidité des relations entre la Russie et l’Arménie.

Interrogé sur le fait de savoir si ces avertissements le contrariaient, Nikol Pashinyan a répondu : “Mon travail n’est pas d’être contrarié ou non. Mon travail consiste à résoudre les problèmes auxquels la République d’Arménie est confrontée, et c’est ce que je fais.”

Le Premier ministre a confirmé qu’il continuerait à rechercher de bonnes relations avec la Russie, tout en poursuivant le rapprochement avec l’Union européenne.

“Rompre ou détériorer nos relations avec la Russie n’a jamais fait partie de nos objectifs, n’en fait pas partie aujourd’hui et n’en fera jamais partie”, a déclaré Nikol Pashinyan. “Au contraire, nous voulons développer nos relations avec la Russie.”

Il a néanmoins souligné que ces relations ne pouvaient plus rester identiques à ce qu’elles étaient auparavant, quels que soient les dirigeants au pouvoir, car la situation régionale avait changé.

“Auparavant, il y avait un conflit avec l’Azerbaïdjan. Aujourd’hui, il y a la paix”, a-t-il affirmé.

L’Arménie et l’Azerbaïdjan ont paraphé un accord de paix à Washington en août 2025, mais le traité n’a toujours pas été signé. Lors de cet entretien, Nikol Pashinyan a estimé que la paix était déjà établie dans les faits.

Multiplier les alternatives

Nikol Pashinyan a présenté la politique étrangère de son gouvernement comme une démarche visant à renforcer l’indépendance de l’Arménie en multipliant ses possibilités de choix. Selon lui, l’objectif n’est pas de remplacer une dépendance envers un pays par une dépendance envers un autre.

“L’indépendance, c’est remplacer la dépendance à l’égard d’un petit nombre par une dépendance à l’égard d’un grand nombre”, a-t-il expliqué.

Cette approche concerne également l’économie, a-t-il ajouté. Les entreprises arméniennes, notamment les producteurs de tomates et de boissons, doivent disposer de davantage de débouchés pour leurs exportations, mais aussi de nouvelles possibilités d’importation.

À titre d’exemple, Nikol Pashinyan a indiqué que des dizaines d’entreprises importaient désormais du carburant en Arménie, contre un nombre très limité auparavant. Selon lui, cette diversification a permis au pays d’éviter les difficultés d’approvisionnement en carburant rencontrées en Russie à la suite d'actions ukrainiennes.

L’objectif, a-t-il expliqué, est d’éviter que les problèmes rencontrés ailleurs aient des répercussions en Arménie ou, à défaut, de renforcer la capacité du pays à y faire face.

Concernant l’adhésion à l’Union européenne, Nikol Pashinyan a rappelé que l’Arménie n’avait pas encore déposé de candidature officielle et qu’elle devait encore entreprendre d’importantes réformes pour satisfaire aux normes européennes. Fin août, il avait annoncé que l’Arménie entamerait prochainement les démarches nécessaires au dépôt d’une candidature.

Le Premier ministre a présenté l’adhésion à l’Union européenne comme l’une des options possibles pour l’avenir du pays. Les autres scénarios seraient le maintien au sein de l’Union économique eurasiatique, dominée par la Russie, ou la non-appartenance à l’un comme à l’autre de ces deux ensembles.

Selon lui, le choix final devra revenir au peuple arménien. Une éventuelle adhésion dépendra également de la volonté de l’Union européenne d’accueillir l’Arménie.

Le président russe Vladimir Poutine a déclaré que la loi arménienne lançant le processus d’adhésion à l’Union européenne équivalait, dans les faits, à une demande de sortie de l’Union économique eurasiatique.

Nikol Pashinyan a néanmoins assuré que l’Arménie poursuivrait les réformes nécessaires pour se conformer aux normes européennes, même si une adhésion à l’UE ne devait finalement pas aboutir. Selon lui, ces réformes seraient, quoi qu’il arrive, bénéfiques pour le pays.

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