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La mine d’Amulsar devrait rapporter entre 120 et 130 millions de dollars de recettes fiscales par an, selon un représentant du gouvernement

Vue de la mine d’Amulsar. Photo: Site officiel du gouvernement arménien.

Vue de la mine d’Amulsar. Photo: Site officiel du gouvernement arménien.

Par Lia Avagyan

La mine d’or d’Amulsar, en Arménie, devrait générer entre 120 et 130 millions de dollars par an en impôts et redevances, compte tenu des cours actuels de l’or. C’est ce qu’a déclaré un représentant du gouvernement au sein de la société exploitante, alors que les militants écologistes renouvellent leurs appels à l’arrêt du projet.

Gnel Sanossian, membre du conseil d’administration de Lydian Armenia représentant la participation de 12,5 % détenue par l’État, a avancé cette estimation lors d’une interview diffusée mardi soir par la télévision publique arménienne. Ce montant ne comprend pas les dividendes qui pourraient être versés à l’État.

Selon Gnel Sanossian, la mine devrait employer entre 1 200 et 1 300 personnes. Il estime également que les besoins en fournitures et en services liés à son exploitation pourraient créer au moins 4 000 emplois supplémentaires dans d’autres secteurs de l’économie.

L’Arménie a officiellement lancé l’exploitation de la mine d’Amulsar le 10 octobre, dix ans après le début de la construction d’un projet plusieurs fois retardé par des manifestations écologistes et des difficultés de financement. Le Premier ministre Nikol Pachinian a assisté à la cérémonie d’inauguration près de Djermouk, une ville thermale réputée pour ses eaux minérales.

Selon Gnel Sanossian, la dernière phase d’investissement a mobilisé plus de 250 millions de dollars, dont un prêt de 150 millions de dollars bénéficiant d’une garantie gouvernementale. Les contrats d’achat d’équipements miniers ont atteint environ 130 millions de dollars, dépassant ainsi l’engagement initial de 100 millions de dollars pris par l’entreprise. Une partie des équipements a déjà été livrée, tandis que d’autres livraisons sont encore attendues.

La mine a commencé à produire de l’or, mais elle fonctionne encore en dessous de sa pleine capacité, les travaux de construction et les livraisons d’équipements se poursuivant.

Participation de l’État et financement

Gnel Sanossian a expliqué que la participation de l’État dans l’entreprise lui permet non seulement de percevoir des revenus, mais aussi d’exercer un certain contrôle sur ses activités et de réagir plus rapidement aux problèmes opérationnels rencontrés par la société.

Selon lui, la structure de l’actionnariat prévoit que la société minière internationale United détienne 87,5 % de Lydian Armenia, tandis que le gouvernement arménien en possède 12,5 %. Il n’a toutefois pas précisé si tous les accords avec les anciens propriétaires, créanciers et investisseurs avaient été finalisés.

D’après le site internet de Lydian, United détient cette participation de 87,5 % depuis 2025. Le gouvernement arménien a officiellement acquis ses parts en décembre 2024.

Les modalités de financement ont évolué après l’échec d’un premier projet impliquant la Banque eurasiatique de développement. Un accord conclu en février 2023 prévoyait une enveloppe de 250 millions de dollars, comprenant 100 millions provenant de cette banque de développement, 50 millions d’une banque locale et 100 millions mobilisés par Lydian.

En novembre 2024, la Banque eurasiatique de développement avait indiqué à CivilNet que Lydian avait retiré sa demande de financement. Le gouvernement a ensuite approuvé l’octroi d’une garantie pour des emprunts bancaires pouvant atteindre 150 millions de dollars.

En mai 2025, des organisations de défense de l’environnement et de lutte contre la corruption ont contesté cette garantie devant la justice, dénonçant des violations des règles de protection financière et environnementale.

Les préoccupations environnementales persistent

Une pétition, signée par 68 personnalités de la société civile, militants écologistes et citoyens préoccupés par le projet, a dénoncé le lancement de l’exploitation minière et exigé l’arrêt des opérations ainsi que de toutes les activités connexes. Les signataires ont également demandé le retrait du financement public et une révision de la politique minière à long terme de l’Arménie.

Ils mettent en garde contre les risques de contamination des nappes souterraines alimentant le lac Sevan, le plus grand lac d’eau douce d’Arménie, ainsi que contre les conséquences potentielles de l’exploitation minière sur le tourisme à Djermouk.

La pétition évoque notamment les dangers liés à l’utilisation du cyanure pour l’extraction de l’or, dont une éventuelle contamination de la rivière Arpa en cas d’accident ou de fuite. Elle alerte également sur un « risque extrêmement élevé et durable de drainage minier acide », un phénomène qui peut se produire lorsque des roches exposées à l’air et à l’eau subissent des réactions chimiques.

Gnel Sanossian a assuré que l’entreprise et les organismes publics surveillaient les conditions environnementales. Des mesures portant sur la qualité de l’eau, de l’air et sur d’autres indicateurs permettent, selon lui, de détecter d’éventuelles évolutions par rapport à l’état initial de l’environnement. Les spécialistes de l’entreprise effectuent des prélèvements et rédigent des rapports, tandis que les autorités publiques procèdent à leurs propres contrôles.

Il a rejeté les inquiétudes concernant les sources d’eau de Djermouk, reprenant les explications de l’entreprise selon lesquelles les sites concernés se trouvent dans des zones totalement distinctes. Il a ajouté que la société effectuait un suivi permanent afin de déterminer si des problèmes existaient et, le cas échéant, s’ils pouvaient être maîtrisés.

Gnel Sanossian a estimé que les personnes exprimant de véritables préoccupations environnementales devaient être entendues. Il a toutefois affirmé que certains opposants s'étaient exprimés à l'instigation de tiers et que la plupart de leurs accusations étaient fausses. Il n’a ni identifié les personnes concernées ni apporté d’éléments étayant ces accusations au cours de l’interview.

Lors de l’inauguration du 10 octobre, Nikol Pachinian a déclaré que les préoccupations environnementales avaient été prises en compte, citant l’absence de manifestants comme preuve. Le mouvement « Amulsar sans mine » a contesté cet argument, soulignant que l’inauguration n’avait pas été officiellement annoncée et que ses membres avaient appris par hasard la tenue de la cérémonie.

L’opposition au projet remonte à 2018, lorsque des habitants et des militants avaient bloqué les routes d’accès à la mine, entraînant l’interruption des travaux. De son côté, Lydian a toujours soutenu que les mesures de protection prévues permettraient d’éviter toute contamination et de faire coexister l’exploitation minière et les activités touristiques.

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