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L’impact de la mine d’Amulsar sur l’environnement est «extrêmement faible», selon le ministre de l’Économie

L’impact de la mine d’Amulsar sur l’environnement est «extrêmement faible», selon le ministre de l’Économie

L’exploitation de la mine d’or d’Amulsar a un impact « extrêmement faible » sur l’environnement, et les risques évoqués par ses opposants n’ont pas été confirmés par les études réalisées, a affirmé le ministre arménien de l’Économie, Gevorg Papoyan. Il s’exprimait devant les journalistes en marge de la COP17 sur la biodiversité, qui se tient actuellement à Erevan.

« La mine est déjà en activité, elle exporte déjà sa production et son impact sur notre économie se fait déjà sentir », a déclaré le ministre.

L’exploitation de la mine d’Amulsar a officiellement débuté le 10 octobre.

Selon Gevorg Papoyan, le projet représente 1 600 emplois directs et jusqu’à 4 000 emplois indirects. Si les cours internationaux de l’or restent à leur niveau actuel, la mine pourrait rapporter jusqu’à 130 millions de dollars de recettes fiscales au budget de l’État l’année prochaine. Sa contribution à l’économie arménienne représenterait entre 1 et 2 % du PIB.

« Il est désormais impossible d’imaginer notre économie sans Amulsar, sans le complexe minier de Zangezur [ZCMC] et sans ces géants de l’industrie minière. C’est une réalité qu’il faut accepter », a insisté le ministre.

Interrogé sur les inquiétudes des défenseurs de l’environnement et sur les risques de catastrophe écologique pour le lac Sevan et la ville thermale de Djermouk, Gevorg Papoyan a expliqué que les garanties de sécurité avaient été apportées par les experts ayant réalisé les études scientifiques.

Il a également assuré que la mine d’Amulsar utilisait les technologies les plus modernes, comparables à celles employées dans les exploitations minières de l’État américain du Montana ou du Canada. Selon lui, les revenus générés par le projet permettront à l’État de financer notamment l’éducation, la santé, le reboisement et la protection des ressources en eau.

« Je ne peux pas personnellement apporter de garanties. Ce sont les spécialistes qui l’ont fait, sur la base de leurs études. Ce que vous voyez chez Lydian, vous pouvez le retrouver, par exemple, dans les mines du Montana, aux États-Unis, ou dans celles du Canada », a-t-il déclaré.

Le ministre refuse de commenter les atteintes à l’environnement hors des frontières arméniennes

Un journaliste lui a également demandé si les responsables arméniens comptaient profiter de la COP17 pour alerter leurs partenaires internationaux sur les coupes d’arbres et les dommages environnementaux attribués à l’Azerbaïdjan dans la zone de la réserve naturelle de Chikahogh.

Gevorg Papoyan a répondu que le gouvernement arménien concentrait exclusivement son attention sur les événements se déroulant à l’intérieur des 29 743 kilomètres carrés du territoire de la République d’Arménie.

« Le territoire de la République d’Arménie s’étend sur 29 743 kilomètres carrés. Tout ce qui se passe à l’intérieur de ce territoire est au centre de l’attention du gouvernement arménien. Ce qui se passe en dehors de ce territoire ne nous concerne pas », a-t-il affirmé.

Le ministre de l’Économie a par ailleurs souligné les retombées positives de la COP17 pour l’Arménie. Selon lui, l’organisation de cette conférence internationale à Erevan renforce la visibilité du pays, devrait attirer entre 10 000 et 15 000 visiteurs supplémentaires et contribuer à améliorer son attractivité auprès des investisseurs.

Des risques environnementaux toujours dénoncés par les opposants au projet

Plusieurs organisations non gouvernementales et militants écologistes opposés à l’exploitation d’Amulsar estiment que le projet contrevient aux engagements internationaux pris par l’Arménie dans le cadre de la Convention de Berne.

Ils accusent également les autorités de ne pas tenir compte des risques environnementaux, hydrologiques et sismiques relevés dans un rapport d’expertise publié en 2019 par les sociétés ELARD et TRC.

Selon ces organisations, l’utilisation du cyanure pour extraire l’or et les risques de drainage minier acide pourraient menacer les rivières Arpa et Vorotan, le lac Sevan ainsi que les sources d’eau minérale de Djermouk. Elles craignent également que l’exploitation de la mine ne compromette le développement touristique et thermal de cette ville, réputée pour ses eaux minérales et ses établissements de soins.

Amulsar, un projet minier au cœur de plusieurs années de controverses

L'exploitation de la mine d'or d'Amulsar, située dans le sud de l'Arménie, près de la station thermale de Djermouk, est l'un des projets industriels les plus controversés du pays. Son histoire remonte aux années 2000, lorsque la société Lydian a commencé à explorer le gisement. Le projet a ensuite obtenu les autorisations nécessaires, mais s'est heurté à une forte opposition en raison des risques potentiels pour les ressources en eau, l'environnement et l'activité touristique de la région.

La contestation a pris une nouvelle ampleur après la révolution de velours de 2018. Des habitants de Djermouk et des militants écologistes ont bloqué les routes d'accès au site, empêchant la poursuite des travaux. Ils dénonçaient notamment les risques de pollution des rivières Arpa et Vorotan, du lac Sevan et des sources minérales de Djermouk. Le projet a également divisé la population locale, certains habitants y voyant une menace pour leur cadre de vie, tandis que d'autres défendaient les emplois et les perspectives économiques qu'il représentait.

En 2019, le gouvernement de Nikol Pachinian a commandé une expertise indépendante aux sociétés ELARD et TRC afin d'évaluer les risques environnementaux du projet. Les conclusions du rapport ont fait l'objet d'interprétations divergentes. Si les autorités ont estimé que les risques étaient maîtrisables, les opposants ont souligné les lacunes relevées dans les études d'impact initiales, notamment concernant les ressources en eau et le drainage minier acide.

En août 2019, Nikol Pachinian avait défendu la possibilité d'exploiter le gisement, affirmant que le gouvernement ne disposait pas de fondements juridiques suffisants pour interdire le projet. Il avait également assuré que la mine fonctionnerait selon des normes environnementales inédites en Arménie. Ces déclarations avaient provoqué de nouvelles manifestations, notamment à Erevan. Face à la contestation, la reprise des travaux n'avait finalement pas eu lieu.

Les tensions ont resurgi en 2020, avec de nouveaux affrontements entre manifestants et forces de l'ordre. Parallèlement, l'arrêt prolongé du chantier a placé l'entreprise exploitante dans une situation financière difficile et alimenté les inquiétudes autour des investissements étrangers en Arménie.

Le gouvernement a relancé le projet en 2023, en signant un mémorandum avec Lydian Armenia et la Banque eurasiatique de développement. L'État arménien est ensuite devenu actionnaire de l'entreprise à hauteur de 12,5 %. Pour soutenir la reprise, les autorités ont également accordé une garantie publique sur des emprunts pouvant atteindre 150 millions de dollars, une décision contestée en justice par des organisations environnementales et anticorruption.

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