Les États membres de l’Union économique eurasiatique (UEE), dominée par la Russie, ont averti l’Arménie qu’elle pourrait perdre environ 15,6 % de son produit intérieur brut (PIB) si elle quittait l’organisation pour poursuivre son rapprochement avec l’Union européenne.
Cette estimation figure dans un rapport conjoint élaboré par les gouvernements russe, biélorusse, kazakh et kirghiz, et publié ce 21 octobre. Selon le document, un éventuel départ de l’Arménie aurait en revanche des conséquences économiques bien plus limitées pour les autres membres de l’organisation.
« Pour les économies des États membres de l’Union, les conséquences économiques d’une suspension de l’adhésion de l’Arménie ne seraient pas significatives », indique le rapport.
L’Arménie a rejoint l’Union économique eurasiatique, sous l’égide de la Russie, en 2014, sans organiser de référendum national. Ces derniers mois, Moscou a toutefois accentué la pression sur Erevan pour qu’un référendum soit organisé afin de décider du maintien du pays au sein de l’UEE, alors que le gouvernement arménien cherche à renforcer ses liens avec l’Europe. La Russie a averti qu’à défaut, l’adhésion de l’Arménie pourrait être suspendue.
Les responsables russes ont indiqué s’attendre à ce que l’Arménie annonce la tenue d’un référendum et en fixe la date d’ici la fin de l’année. Le Premier ministre Nikol Pachinian a toutefois rejeté cette exigence, affirmant qu’un tel scrutin ne serait organisé qu’une fois que l’Arménie aurait officiellement déposé sa candidature à l’adhésion à l’Union européenne.
Depuis avril, Moscou a progressivement instauré des restrictions commerciales visant les produits arméniens, cherchant ainsi à utiliser les échanges bilatéraux comme moyen de pression politique. L’Arménie reste en effet fortement dépendante du marché russe, notamment pour ses exportations agricoles.
Afin d’aider l’Arménie à faire face aux conséquences économiques de ces restrictions russes, l’Union européenne a mis en place une exemption de droits de douane couvrant 80 % des produits arméniens. Cette mesure, entrée en vigueur au début du mois d’octobre, restera applicable pendant deux ans.
Alexander Pracht











