Le dram se renforce grâce à d’importants afflux de capitaux, selon le président de la Banque centrale

Par Lia Avagyan
Ajout par Ani Paitjan
Le dollar américain et l’euro se sont récemment affaiblis face au dram en raison d’importants afflux de capitaux en Arménie, a déclaré le président de la Banque centrale, Martin Galstyan. Alors qu’au 5 janvier 2026, un dollar valait 382 drams, il s’échangeait autour de 368 drams au 22 juin, ce qui signifie que la monnaie arménienne s’est appréciée de près de 4 % en moins de six mois.
Cette évolution intervient dans un contexte particulier pour l’économie arménienne. Ces dernières années, le pays a connu une croissance soutenue, alimentée notamment par les investissements étrangers, l’arrivée de capitaux et le développement de secteurs tels que les technologies de l’information, les services financiers et la construction. Malgré les turbulences régionales et les incertitudes géopolitiques, l’Arménie a également réussi à maintenir une inflation relativement faible et une stabilité macroéconomique qui attirent de plus en plus l’attention des investisseurs internationaux.
Dans une interview accordée le 23 juin à la Télévision publique arménienne, Martin Galstyan a expliqué que le renforcement du dram est principalement dû à l’intérêt croissant des investisseurs internationaux pour l’Arménie. Selon lui, de grandes institutions financières suivent désormais de près l’économie du pays et les investisseurs institutionnels mondiaux acquièrent non seulement des euro-obligations arméniennes libellées en dollars, mais également des obligations d’État libellées en drams.
«Aujourd’hui, environ 7 à 8 % de la dette publique arménienne en monnaie nationale est détenue par des investisseurs institutionnels mondiaux», a indiqué Galstyan.
Le président de la Banque centrale a également établi un lien entre cette évolution et la diminution de la perception du risque géopolitique. Selon lui, la paraphe de l’accord de paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan à Washington a contribué à réduire la prime de risque associée au pays.
Cette évolution s’est traduite sur les marchés financiers par une réduction significative de l’écart de rendement entre les obligations souveraines arméniennes et américaines. Cet écart, souvent utilisé comme indicateur du risque perçu par les investisseurs, est aujourd’hui nettement inférieur à ce qu’il était il y a un ou deux ans.
Autrement dit, les investisseurs internationaux considèrent désormais l’Arménie comme un marché moins risqué qu’auparavant. Cette amélioration de la confiance favorise les entrées de capitaux, lesquelles soutiennent à leur tour la monnaie nationale.
Galstyan a souligné que la stabilité macroéconomique est devenue la véritable «carte de visite» de l’Arménie. Malgré plusieurs chocs extérieurs au cours des dernières années — notamment les conséquences de la guerre en Ukraine, les perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales et les tensions régionales dans le Caucase du Sud — le pays est parvenu à maintenir une croissance économique élevée, une inflation maîtrisée et une politique budgétaire relativement prudente.
Selon lui, cette crédibilité nouvellement acquise constitue un atout majeur, mais elle implique également une responsabilité accrue.
«Lorsque les grands acteurs mondiaux commencent à s’intéresser à votre économie, il devient encore plus important de préserver la stabilité macroéconomique», a-t-il expliqué.
Le gouverneur estime par ailleurs que cette réduction du risque devrait progressivement se répercuter sur le coût du crédit. Si les risques perçus par les marchés et par le système bancaire continuent de diminuer, les banques pourront se financer à moindre coût.
Dans ce scénario, les taux d’intérêt sur les dépôts devraient baisser, permettant aux établissements financiers d’accorder des prêts à des taux plus faibles tout en conservant leurs marges bénéficiaires.
Pour les ménages et les entreprises, cela pourrait à terme se traduire par un accès moins coûteux au crédit, un facteur susceptible de soutenir davantage l’investissement et la consommation dans l’économie arménienne.
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