Le coordinateur de l'initiative HayaQve, Avetik Chalabyan, a été placé en détention provisoire pour une durée de deux mois. Le tribunal a fait droit à la demande du parquet, qui avait sollicité son placement en détention dans le cadre d'une enquête liée aux élections législatives du 7 juin.
Selon son avocat, Chalabyan sera détenu au pénitencier d'Armavir. Durant sa détention, seules les visites de ses avocats seront autorisées. La défense estime que cette décision est contraire au droit et a annoncé qu'elle ferait appel.
Une accusation liée aux élections législatives
Le Comité d'enquête accuse Avetik Chalabyan d'avoir préparé une entrave à l'exercice du droit de vote d'un groupe de personnes en utilisant son influence ou des fonctions officielles.
Selon les enquêteurs, il se serait entendu avec des responsables d'un État étranger afin que des employés arméniens travaillant dans ce pays soient contraints de se rendre en Arménie pour voter en faveur de l'alliance « Arménie forte » (Strong Armenia) lors des élections législatives du 7 juin.
Les autorités affirment que cette démarche constituait une tentative d'influencer illégalement le scrutin avant même sa tenue.
Par l'intermédiaire de son avocat, Avetik Chalabyan rejette catégoriquement ces accusations, qu'il qualifie de « mensonges du début à la fin ». Sa défense affirme qu'aucun élément ne démontre l'existence d'une telle organisation et considère que les poursuites sont politiquement motivées.
Qui est Avetik Chalabyan ?
Économiste de formation, Avetik Chalabyan est une personnalité connue de la société civile arménienne. Il est notamment le coordinateur de HayaQve, un mouvement civique qui s'est illustré ces dernières années par des campagnes en faveur de la protection de l'identité nationale arménienne et par son opposition à plusieurs politiques du gouvernement du Premier ministre Nikol Pachinian.
Chalabyan n'est pas candidat aux élections, mais il soutient publiquement plusieurs forces de l'opposition.
Ce n'est pas la première fois qu'il fait l'objet de poursuites judiciaires. En 2022, il avait déjà été arrêté pour des accusations liées à des manifestations antigouvernementales. Cette affaire avait suscité des critiques de la part de plusieurs organisations de défense des droits humains ainsi que de juristes, qui estimaient que la détention provisoire avait été utilisée de manière disproportionnée.
Un climat politique particulièrement tendu
L'arrestation intervient dans un contexte de forte polarisation politique en Arménie. Les élections législatives anticipées du 7 juin ont donné la victoire au parti Contrat civique du Premier ministre Nikol Pachinian, mais plusieurs partis d'opposition contestent toujours les résultats devant la Cour constitutionnelle.
Depuis plusieurs mois, les autorités ont engagé une série de poursuites visant des personnalités de l'opposition, des hommes d'affaires, des responsables religieux et d'anciens hauts fonctionnaires. Le gouvernement affirme que ces procédures relèvent exclusivement de la lutte contre la corruption et de l'application de la loi, tandis que l'opposition y voit une campagne destinée à affaiblir ses adversaires politiques.
Cette multiplication des arrestations a également attiré l'attention de plusieurs organisations internationales. Dans son rapport publié à l'issue des élections, la mission d'observation de l'OSCE/BIDDH (OSCE/ODIHR) a relevé que les poursuites pénales engagées contre plusieurs figures de l'opposition durant la campagne avaient alimenté les inquiétudes concernant l'égalité des conditions de compétition politique. D'autres organisations internationales ont également appelé les autorités arméniennes à garantir que les enquêtes et les détentions provisoires ne soient utilisées que lorsqu'elles sont strictement nécessaires et dans le respect des garanties d'un procès équitable.
L'affaire Avetik Chalabyan devrait désormais se poursuivre devant les juridictions arméniennes, tandis que sa défense prépare un recours contre son placement en détention.












