L’Arménie et la Russie ont convenu de tenter de trouver des solutions aux problèmes du réseau ferroviaire arménien. Ils ont trois mois pour y parvenir. C’est du moins ce qu’a déclaré le 21 octobre, le ministre des Affaires étrangères et du Commerce international, Ararat Mirzoyan, lors des débats à l’Assemblée nationale sur la ratification de l’accord-cadre de coopération stratégique relatif au projet de «Route Trump pour la paix et la prospérité internationales» (TRIPP).
Selon le ministre, une rencontre et des discussions ont déjà eu lieu avec des représentants des chemins de fer russes.
Ce dernier a évoqué la nécessité de moderniser les infrastructures ferroviaires arméniennes. Mirzoyan a souligné que leur état actuel constituait un enjeu majeur pour le désenclavement des voies de communication régionales et la participation de l’Arménie au transport international de marchandises.
«Je pense moi aussi que nos chemins de fer ont, à tout le moins, besoin d’être modernisés», a-t-il déclaré.
Il a également estimé que les citoyens arméniens étaient en droit de bénéficier de services ferroviaires de meilleure qualité.
Mirzoyan a ensuite abordé le projet épineux TRIPP et la réouverture des voies de communication régionales: “Il est nécessaire d’examiner les futures liaisons ferroviaires sous l’angle de la réciprocité, mais aussi des besoins de transport à l’intérieur même de l’Arménie.”
Selon lui, si une liaison ferroviaire est établie d’est en ouest, reliant l’Azerbaïdjan au Nakhitchevan à travers le territoire arménien, le principe de réciprocité devrait également permettre d’envisager une connexion ferroviaire du Nakhitchevan vers le reste de l’Arménie.
“De l’autre côté, à l’ouest, certains partenaires souhaitent mettre en place cette liaison, mais ils tiennent compte de leurs propres contraintes politiques, notamment des sanctions en vigueur. Ils prennent également en considération le fait que le reste du réseau ferroviaire est exploité sous concession par la société Chemins de fer du Caucase du Sud”, a expliqué le ministre.
Ararat Mirzoyan a souligné l’importance de résoudre ces questions, estimant que l’Arménie avait la possibilité de devenir l’un des principaux carrefours du transport international.
Que sait-on du groupe de travail arméno-russe ?
Le 14 octobre, le Premier ministre Nikol Pachinian avait reçu une délégation conduite par Oleg Belozerov, directeur général des Chemins de fer russes.
Selon le gouvernement arménien, les discussions avaient porté sur les projets de réhabilitation des tronçons ferroviaires Gyumri–Akhourik–frontière turque et Yeraskh–Nakhitchevan, ainsi que sur l’efficacité de la gestion du réseau arménien par la société concessionnaire Chemins de fer du Caucase du Sud et les difficultés rencontrées.
Le 15 octobre, un groupe de travail avait été créé afin d’examiner ces problèmes, d’identifier des solutions possibles et de définir les prochaines étapes.
Le même jour, Nikol Pachinian avait précisé que ce groupe de travail devait également déterminer si la partie russe était disposée à réaliser les investissements nécessaires dans le réseau ferroviaire arménien.
Le Premier ministre avait souligné que l’objectif du gouvernement n’était pas nécessairement de retirer à la Russie la gestion du réseau sous concession, mais de trouver une solution permettant de moderniser les infrastructures ferroviaires arméniennes et de renforcer leur compétitivité.
En décembre 2025, le Premier ministre arménien Nikol Pachinian avait demandé à la partie russe de réhabiliter dans les meilleurs délais les tronçons ferroviaires reliant Yeraskh à la frontière du Nakhitchevan et Akhourik à la frontière turque.
Il avait ensuite déclaré qu’en cas de difficultés dans la réalisation de ces travaux, l’Arménie était prête à retirer de la concession russe les tronçons ferroviaires menant aux frontières de l’Azerbaïdjan et de la Turquie.
Le 1er octobre, le vice-Premier ministre russe Alexeï Overtchouk avait déclaré que Moscou attendait une réponse de l’Arménie à sa proposition concernant la réhabilitation de ces deux tronçons ferroviaires, actuellement placés sous la gestion concessionnaire des Chemins de fer russes.
Selon lui, les décisions nécessaires avaient été prises dès janvier au niveau du président russe. Moscou attendait désormais la réaction d’Erevan. Il avait également annoncé la tenue prochaine de réunions importantes susceptibles de faire avancer le dossier.
En juillet 2026, Nikol Pachinian n’avait pas non plus exclu la possibilité de recourir à un arbitrage international. Il avait alors rappelé que le réseau ferroviaire appartenait à l’Arménie et que le pays devait pouvoir l’utiliser en fonction de ses propres intérêts.
Le directeur général des Chemins de fer russes, Oleg Belozerov, avait assuré que son entreprise entendait respecter pleinement les obligations prévues par le contrat de concession. Il avait toutefois précisé qu’en cas de modification des conditions contractuelles ou de résiliation de l’accord, la société serait en droit de réclamer le remboursement des investissements réalisés.
Selon Oleg Belozerov, les investissements effectués entre 2008 et 2025, à partir des fonds propres des Chemins de fer russes et des revenus de leur filiale Chemins de fer du Caucase du Sud, se sont élevés à environ 396 millions de dollars.
Il a affirmé qu’aucun dividende n’avait été distribué au cours de cette période et que l’intégralité des bénéfices avait été réinvestie dans le développement du réseau ferroviaire arménien.












